L'histoire de notre Eglise débute dans les années 1920. Un petit commencement mais le témoignage d'une grande fidélité à l'Évangile.

Si l’on voulait écrire la préhistoire de notre modeste rassemblement, il faudrait remonter à la croix du Christ et à sa résurrection, car rien ni personne d’autre ne saurait fonder notre existence ; parcourir ensuite les chemins divers de l’histoire des Églises, les tâtonnements des premières communautés, l’affirmation progressive des certitudes essentielles de la foi ; discerner les dérives de la chrétienté et, sous l’imposante construction qui en est résultée, la persistance d’un mouvement évangélique, avec ses martyrs, ses grandeurs et ses erreurs ; découvrir, dès l’éclosion des grandes Réformes, luthérienne, calviniste et zwinglienne, l’essor persécuté des communautés mennonites, la douloureuse naissance des Églises baptistes ; aboutir enfin à l’installation, au début du XIXème siècle, des premières Églises baptistes en France, à la fondation, en 1895, de l’Église Évangélique Baptiste de Nîmes, à la création en 1921 de notre Association d’Églises.

Nous ne sommes pas, en effet, le produit d’une génération spontanée, sans lien avec aucun passé : nous sommes les héritiers, et qui devrions en être infiniment reconnaissants, d’une longue lignée de témoins.

Les années 1920 : un petit commencement

Il serait bien trop long d’évoquer, ne serait-ce qu’à grands traits, ce passé si instructif soit-il. Mais en ce jour où nous voulons témoigner de notre reconnaissance à Dieu qui nous a conduits en ces lieux, nous ne saurions manquer de rappeler le souvenir de Gabrielle Ladrech.

Venue à Montpellier (dans les années 20) avec sa famille catholique, cette jeune fille entre en contact avec l’Evangile par le moyen de l’Église Réformée Évangélique, dont les cultes avaient lieu à la "Chapelle" : ainsi nommait-on, tout simplement pour le différencier du Temple de la rue Maguelone, alors sous influence libérale, l’édifice, que nous connaissons bien, de la rue Brueys. Gabrielle Ladrech a trouvé en Jésus-Christ son Sauveur. Elle fait de la Bible une lecture assidue à l’écoute de la Parole de Dieu, qui la conduit progressivement à penser que le baptême des enfants ne correspond ni à l’enseignement du Christ ni à la pratique des apôtres. Elle s’en ouvre au pasteur Faivre, qui assure la desserte de la paroisse à cette époque. Ce dernier approuve son sentiment, mais refuse de la baptiser par respect pour la discipline de son Église. Il lui signale la présence à Nîmes d’une Église Baptiste, dont le pasteur, pense-t-il, sera en mesure d’accéder à son désir.

C’est ainsi que Gabrielle Ladrech est devenue membre de l’Église Baptiste de Nîmes, où elle se rendait aussi souvent que possible et où elle a lié de profondes amitiés. Elle avait déjà, à Montpellier, eu l’occasion de rendre témoignage à son Sauveur. Elle continue à le faire avec une intelligence, une ferveur, une foi, une bonté et un discernement qui mériteraient de longs développements. Autour d’elle se forme un groupe de croyants, que les pasteurs Dubarry, et Jalaguier, ainsi que Fernand Bonijoly, viennent encourager.
 

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